
Je vous avais laissé à Nouakchott, en partance vers le fleuve Sénégal : ce qui fut dit fut fait. Après quelques difficultés, j’ai donc finalement embarqué dans un taxi pour Kaedi, au bord du fleuve. La route commence dans les paysages dunaires habituels puis petit à petit, on voit les premiers champs de mil bien verts juste devant les dunes de sable, le contraste est sympa. Puis le paysage devient de plus en plus sahélien : des prairies d’herbe encore bien jaune et grillée qui verdissent au fur et à mesure qu’on avance au sud, puis enfin la vallée du fleuve, carrément fertile.
Arrivé à Kaédi, on chauffeur de taxi, Tayeb, m‘a proposé d’aller dormir dans la famille chez qui il va d’habitude. Pour le prix des courses que nous avons faites pour un bon repas pour toute la famille, on nous a donc préparé le repas et offert le gîte. C’est vraiment facile de voyager en Mauritanie !!
Le lendemain, Tayeb m’a promené avec son taxi autour de la ville et aux abords du fleuve. On a fait le tour des gens qu’il connaissait là et à chaque fois, une petite partie de thé : je commence sérieusement à saturer du thé toute la journée. Mais bon, j’en profite pour commencer à pratiquer le Poular (la langue des Peuls, parlée à travers presque toute l’Afrique).
Puis, pour finir mon séjour mauritanien, j’ai longé le fleuve jusqu’au parc Diawling, une autre réserve d’oiseaux migrateurs, équivalente au parc du Djouj qui se trouve juste en face du coté sénégalais. Ce sont des paysages de marécages saumâtres avec de la mangrove, des varans (dont je n’ai vu que les traces), des phacochères (vus en vrai ce coup ci) et encore plein d’oiseaux. J’ai plutôt préféré ces paysages à ceux du banc d’arguin à vrai dire, bien que le temps soit nuageux et la belle lumière n’était pas au Rendez Vous.
Le 24 au soir était exactement identique au 23 : un repas simple mais bon avec les scientifiques mauritaniens qui s’occupent du parc, puis couché vers 10h sous ma moustiquaire toute neuve achetée la veille. Bon réveillon !
Le 25, il me fallait on cadeau de noël auquel je pensais depuis quelques jours déjà… Je suis donc parti tôt à pied pour couvrir les 10 km jusqu’au barrage de Diama qui permet de traverser la frontière vers le Sénégal.
Premier contact avec ce nouveau pays : le douanier me demande un bakchich sous prétexte qu’il travaille un dimanche de 5€ qui se transforme avec un peu de négo en 2000 CFA. Bienvenue !! Finalement, je lui fait pitié en lui expliquant que sans ces 2000 CFA, je vais devoir aller à pied à St Louis (30 km) pour économiser cette dépense imprévue, et il me rembourse. Je dois préciser que ma première demande de bakchich a quand même été en Mauritanie, mais très gentiment et je payais si je voulais. Je lui avais expliqué que je ne voulais pas payer et il m’avait simplement rendu mon passeport !!
En bref, vous aurez compris que la Mauritanie, c’est super cool. Contrairement au Maroc ou au Sénégal, je n’ai jamais vu d’altercation dans la rue : des disputes souvent mais ils n’en viennent jamais au mains, ce qui est presque quotidien au Maroc, et que j’ai déjà vu une fois au sénégal.
Me voici donc depuis 2 jours à St Louis, ville très agréable entourée d’un coté par le fleuve Sénégal et de l’autre par l’océan atlantique avec des petits rouleaux sympas pour la baignade (à ~25°C). Une auberge de jeunesse très clean, avec douches chaudes, une population très agréable si on enlève les inévitables vendeurs un peu agressifs commercialement (le fléau de toute zone très touristique), bref une destination de vacances de rêve.
Et donc pour noël, pour ne pas être en reste du menu détaillé des festivités de Mimaflo que m’avais envoyé mamy, j’ai commencé par m’offrir à l’apéro une bonne Flag (la Kro de l’Afrique de l’Ouest) bien fraîche (cela faisait 2 mois que je carburais exclusivement au thé, et comme je vous disais, je commençais à friser l’hyperglycémie aiguë !!), puis des calamars dans une sauce très bien cuisinée et une brochette de lotte succulente puis une banane flambée en dessert, le tout devant un concert de musique sénégalaise mal sonorisé mais sympa. Rien d’exceptionnel donc, et pourtant, j’ai eu l’impression de me faire vraiment plaisir, en dépensant 10€ dans un resto. Alors tout ça ne remplace pas la famille bien sûrin920391875, mais j’ai malgré tout réussi à passer un très bon noël. Et puis je ne regrette pas d’avoir échappé à toute la frénésie commerciale de cette période avec encore plus de pub que d’habitude (si c’est possible) pour acheter encore plus de conneries dont on n’a pas besoin.
Pour l’instant, j’ai plutôt une bonne impression du Sénégal, sûrement parce que je m’attendais à bien pire d’après ce que tout le monde m’en disait mais je viens d’arriver aussi. L’ambiance est beaucoup plus festive et relax qu’en Mauritanie (la musique, les habits), plus occidentale et oins dépaysante aussi mais peut être parce que je suis dans une grande ville aussi.
Pour le thé (si si, je vous assure, j’en ai déjà rebu !), il semble suivre la couleur de la population : en Mauritanie, il était déjà beaucoup plus foncé qu’au Maroc, et ici, il est carrément noir comme du café, et plus amer aussi. Ma préférence va au thé marocain. Mais j’y pense, ça pourrait faire un sujet de thèse pour Aline ça !!
Demain, je compte aller explorer le siné saloum et la petite cote (je n’ai malheureusement pas le temps d’aller en casamance) avant de remonter à Dakar pour les fêtes de fin d’année puis filer ensuite assez vite vers le Mali où Leïla arrive le 9 janvier à Bamako.
En bref, tout baigne au propre comme au figuré, je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de fin d’année et je vous ferai mes vœux dans le prochain message.
Nico
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