
Toujours à Bamako que nous quittons demain avec Sandra, une amie de Leïla, vers le pays Dogon. La semaine dernière, vous vous souvenez que j’attendais Leïla. Leïla : l’épopée air méditerrannée : une compagnie de charter soit disant française dont l’avion était tchèque (les instructions en tout cas), les hôtesses tchèques qui ne parlent pas un mot de français (et même pas belles alors quel intérêt ??), 3h de retard, escale imprévue à Agadir pour reprendre du fuel à cause de la surcharge de bagages (les africains ramènent leur maison au mali, ils ne laissent que les murs en France). A Bamako, la guerre pour récupérer son sac sur le tapis, ouf, je suis contente d’arriver !! Nico : Elle est donc bien arrivée lundi dernier avec seulement 3h de retard et un équipement ce coup ci au top niveau : sac à dos 35L <10 kg + 1 petit sac (elle me donne des leçons pour voyager léger), chaussures de marche semelle vibram ultra légères et respirantes, moustiquaire imprégnée en bandoulière… Je ne reconnais plus mon hôtesse de l’air. Seul problème, le parfum !! Vous connaissiez les histoires de Nicolas et Pimprenelle, et bien nous allons vous raconter maintenant les aventures de Nicolas et Citronnelle conte LA moustique anophèle !! Leïla ne recule devant rien pour se protéger des moustiques : vêtements imprégnés, OK c’est bien, mais avant même la descente de l’avion, tout ce qui dépasse un tant soit peu de ses vêtements manches longues est copieusement badigeonné et je comprends vite quand je lui fais la bise pourquoi ces produits repoussent les moustiques : même pour l’humain, ça n’a pas l’air très bon pour la santé. Ensuite, on n’oublie pas d’allumer un serpentin et de vaporiser du baygon dans la chambre juste au cas où. Les éventuels survivants sont poursuivis sans répits et on ne fait pas de prisonniers !! La où Leïla passe, LA moustique trépasse. Enfin, je ne vais pas me plaindre parce que comme ça, je suis sous bonne protection et elle contrebalance mon laxisme sur le sujet (ben je me contente de vêtements imprégnés et d’un peu de produit quand j’y pense). Maintenant, le grand jeu est de parier qui le premier aura le palu, mais je dois avouer que ce serait plus juste que ce soit moi. A peine arrivés dans l’hôtel, on entend une voix : « Leïla, c’est toi ??? ben qu’est ce que tu fais là ?? ». Et on tombe ainsi sur Maïté, une amie de Barcelone qui vient bosser 2 mois à Ségou pour une ONG de parrainage d’enfants. C’est quand même incroyable de se retrouver par hasard à Bamako, le même soir dans le même hôtel !! Le monde n’est pas petit, il est minuscule. Dans la journée, c’est beaucoup plus cool (le moustique dort) et on profite donc du beau temps pour visiter Bamako, ville la plus sale que j’ai vu pour l’instant, mais à part ça assez agréable. D’abord, on peut y vaquer à ses occupations relativement tranquillement dès qu’on est ailleurs qu’au marché artisanal. Ensuite le Niger qui traverse la ville est très beau, avec ses berges vertes sur lesquelles les lavandières font la lessive, ses petits îlots d’herbes, ses quelques pirogues… L’autre attrait touristique est de monter au point G pour le coucher de soleil. Drôle de nom le point G pour cette falaise qui surplombe la ville, dont je n’ai pas l’explication, les interprétations sont ouvertes ;-) L’activité en ville est assez intense mais comme je le disais, on est rarement importuné. Le déplacement avec les minibus locaux est très bon marché et finalement pas si compliqué. Comme les grandes villes africaines, c’est sans intérêt particulier, mais on y flâne facilement quelques jours. Leïla : Pour ma part, il fait beau et chaud à Bamako, n’est ce pas Julien ? ;-), ville sale et moche, à laquelle je fais au bout de 3 jours une réaction allergique. Trop de monde, trop de pollution, trop de circulation, comme Paris en pire. Et puis aussi trop de moustiques la nuit ! Alors le week end, nous nous sommes enfuis à Siby, 55km au sud ouest de Bamako, région des monts mandingues, où l’escalade se développe petit à petit grâce à un groupe de 5 jeunes guides maliens formés par des français à chamonix, super sympas et bien motivés. Ils ont là un superbe site à exploiter avec une infinité de voies du débutant au 8 sup sur du rocher d’excellente qualité (du grès qui accroche parfaitement). On a fait une demi journée avec eux, bien agréable. Un dérouillage un peu difficile pour moi, et une initiation un peu forcée pour Leïla Leïla : oui , une initiation un peu forcée et j’en ai souffert mais j’ai réussi , je suis arrivée au sommet de la voie de 15 m et Nico était encore plus fier que moi de mon succès. Enfin à vrai dire, on ne m’a pas vraiment laissé le choix, j’étais accrochée à la corde et malgré mes supplications, imprécations, personne ne voulait me laisser redescendre, la seule issue était donc en haut. Nico : A vrai dire, plus soulagé que fier, j’ai maintenant la certitude que je ne voyage pas avec une hôtesse de l’air et que toutes les aventures sont permises (enfin presque). A Siby, j’ai aussi donné mon premier concert de percus : en venant visiter des musiciens qui nous avaient invités à une soirée dans le village derrière le campement, à peine je suis arrivé qu’ils m’ont donné un tambour et une branche d’arbre, mon rôle étant de donner la base rythmique à l’ensemble du groupe : ceux qui connaissent mon sens du rythme imaginent le carnage. Surtout, ne ratez pas le prochain épisode au cœur du pays Dogon… Nico et Leïla PS : pour répondre à Emeline qui me disait que ma diarrhée verbale était finalement passée comme une lettre à la poste, je rappelle que c’est précisément l’une des caractéristiques de la diarrhée de passer comme une lettre à la poste !! |