
Après un long silence, nous reprenons qques minutes pour vous donner des nouvelles fraiches. Les parents de Nico nous ont mené un tel train d’enfer que nous n’avons pas eu une seconde pour nous arrêter dans un cyber café depuis 3 semaines ! (Maman Piot aura un droit de réponse si elle veut ;-)
Alors nous avons retrouvé Caro comme prévu à 5h du mat à Tana et le temps d’affréter un minibus pour nous 5, nous partions à 7h sur la RN7 plein sud. Petite escale à Antsirabé pour déjeuner et visiter l’hôtel des thermes où ont séjournée entre autres Mohammed V en exil et aussi Sankara il paraît (vous saviez ça les burkinabés ??).
A ambositra, promenade dans les rizières. Autant les parents ont trouvé Tana très changée en 37 ans (depuis 1969), autant les campagnes ne semblent pas avoir beaucoup changé : mêmes maisons, mêmes charrettes à zébus…
En repartant d’Ambositra, fini le luxe de louer tout un minibus pour nous, on continue comme tout le monde en taxi brousse jusque fianar. Alors forcément, c’est un peu plus long mais à partir du moment où on part, on est sur qu’on finira bien par arriver un jour.
La haute ville de Fianar est sympa mais sans plus et on enchaine dès le lendemain matin avec le train mythique qui descend à Manakara, au bord de la côte est. Le voyage ne paraît pas trop long, ponctué par des arrêts tous les 10 km dans des gares pour charger des bananes ou des oranges, et où on profite pour gouter les fruits qui changent avec l’altitude (1 100 m de dénivelé).
A Manakara, scission : les deux mecs partent faire de la pirogue 2 jours (accompagnés une journée par Maman Piot) pendant que les filles (Leïla et Caro) préfèrent l’option marche à pied : « On ne va quand même pas rester assises pendant des heures dans une pirogue à ne rien faire ! ». Mais dans les deux cas, le programme est assez semblable : aller voir les pêcheurs qui rentrent de la pêche en surfant les rouleaux avec plus ou moins de bonheur (qui s’évalue à la quantité d’eau embarquée dans la pirogue pendant la manœuvre). Certains arrivent presque à pied secs (grosse fierté) quand la pirogue des autres disparait sous l’eau complètement coulée (grosse honte). Les femmes des pêcheurs les attendent derrière la dune, elles n’ont pas le droit de regarder leurs hommes rentrer (sûrement pour ne pas se moquer d’eux ensuite ?). Ensuite, étrange pratique, l’homme ne donne pas sa pêche à sa femme mais la vend à une voisine qui s’occupe de la commercialisation. On n’a pas bien compris la raison de cette pratique, peut être pour moyenner les revenus dans le couple ou assurer un revenu aux femmes qui ont perdu leur mari ?
Bref, nous, on achète des langoustes à 3 € le kilo sans trop négocier, on les fait griller et on se régale !!
Nous apprenons aussi une autre croyance intéressante de ces pêcheurs : il ne faut pas garder d’argent, cela porte malheur, donc s’il y a eu bonne pêche, il faut tout dépenser le jour même en nourriture, rhum, cadeaux et ne rien garder. Et quand on fait mauvaise pêche ?? Ben je suppose qu’on attend le lendemain en espérant faire bonne pêche ? Bref, un marché très peu porteur pour BNP, SG, AXA…
On passe une nuit dans la case d’une famille de pêcheurs, qui n’ont rien mais apparemment tout ce qu’il faut pour manger puisque tout pousse ici en plus du poisson qui ne manque pas. Par contre, le premier dispensaire est à 3h de pirogue donc mieux vaut éviter les urgences.
La remontée en train à Fianar est plus laborieuse puisque une loco qui a perdu une roue bloque la voie nous dit on. Ce qui a pris 7h à la descente en prend donc 12 à la remontée, et ils ne remboursent pas la moitié du ticket ! Mais nous apprendrons que le lendemain, la voie a été fermée pour 3 jours, alors de quoi se plaint on ?
Nous quittons là Caro qui retourne à son tailleur consulter ses clients genevois et nous continuons à 4 vers le parc Andringitra, où nous gravissons le deuxième sommet malgache à 2650 m. Notre guide Jean Baptiste nous bichonne avec à chaque campement une tisane miel gingembre suivie d’un planteur – cacahuètes grillées. Nous retiendrons aussi les bananes au chocolat à la braise et les crêpes (dit Leïla). Bref, en bons français, on n’a retenu que le menu, mais sinon, les paysages de montagne étaient aussi très beaux, surtout la falaise de la fin de rando, immense dalle de 800m verticale couverte de lichens rouges et verts : somptueux au lever de soleil. Dommage que Papa Piot trainait une bronchite bien infectée et Maman Piot un mal au cœur qui ont un peu gâché le plaisir. 4-5 jours de montagne qui sont mine de rien un peu fatigants donc pour se reposer, on enchaine directement dans un taxi brousse bien surchargé vers l’Isalo, le clou de Mada.
L’Isalo ne vole pas sa réputation, alors du coup c’est super touristique mais vu que nous sommes en basse saison, cela reste très supportable. C’est donc un massif de grès complètement déchiqueté par le vent et la pluie planté au milieu de la savane, très sec quand on est au sommet et au fond des canyons, une jungle luxuriante avec cascades et piscines, c’est rare de voir un tel contraste aussi rapproché. Notre guide Jacquelin nous trouve tous les lémuriens visibles dans ce parc ainsi que diverses bestioles comme l’étonnant phasme par exemple. Super guide, qui avait tenté sa chance dans le business des saphirs à 25km de là, gagné beaucoup d’argent très vite, puis tout perdu aussi vite (on ne sait pas comment, il ne s’étend pas sur le sujet), et qui finalement est revenu faire guide, c’est sûrement moins dangereux que commerçant de pierres au far west.
Bref, on quitte l’Isalo assez vite pour avoir le temps de profiter d’un repos bien mérité 3 jours au bord de la mer (ce qu’espérait Maman Piot). Mais bon, en terme de repos, ce ne sera pas si simple. Après un petit déjeuner dégueulasse dans une gargote pourrie et bruyante (ben oui mais c’est 6 fois moins cher que dans le jardin agréable et ombragé de l’hôtel), on part faire 1h30 de piste pour rejoindre St Augustin. Là, déception, le bon hôtel est fermé et tout le monde se rabat donc chez son concurrent, très sympa mais débordé, archi plein, et quand même vachement moins confort. Il se débrouille quand même pour nous trouver une maison dans le village et aménager une chambre dans la salle de classe, et comme on est fatigués de bouger, on rempile pour une nuit.
Et enfin, après une dernière épreuve en pirogue à voile vezo (qui devait durer 1h30 vent dans le dos, et qui en fait 3h à la rame vent de face), la récompense dans les beaux bungalows super luxes d’Anakao, perchés sur la dune juste devant la plage, repos forcé : il n’y a rien d’autre à faire à Anakao, on n’a même pas envie de se baigner avec le vent force 7 plutôt froid qui souffle tout l’aprèm, ben oui, ça ne pouvait quand même pas être tout à fait le paradis.
Après moultes atermoiements de Maman Piot et surtout Leïla sur la force probable du vent le lendemain, des risques de retournement ou de dislocation de la pirogue en mer, etc…l’option de reprendre une pirogue pour aller visiter l’île en face avant de rentrer à Tuléar est finalement prise à 3 voix contre 1. On y fait un peu de plongée masque-tube pas exceptionnel, on regarde les oiseux paille en queue qui ne vivent qu’ici et puis on rentre sans encombre à Tuléar, vent dans le dos comme prévu et pas trop fort. Plus d’inquiétudes que de mal.
Il est temps de quitter les parents qui avant de prendre leur avion, nous laissent à la gare routière pour prendre notre camion brousse vers Ifaty, et quand ils voient le camion en question, ils ont l’air content de finir là le voyage !! Ils n’avaient pas forcément tort puisque nous avons patienté 2h assis dans le camion avant qu’il ne démarre, puis il a mis 2h à couvrir les 25 km de piste pour Ifaty, avec la musique plein tube dans les oreilles et les poules qui nous bécotent les pieds. Mais bon, c’est 15 fois moins cher qu’un taxi spécial !
A Ifaty, on a retrouvé Sylvaine et François qui finissaient leur voyage de noce, on en a aussi profité pour fêter l’anniv de sylvaine à la langouste grillée (c’est d’un commun, je sais) et puis voilà, nous sommes revenus à tuléar et on ne sait pas encore bien comment on quitte demain. Prochaines news dans 10J au mieux.
Désolé, pas de photos, il faudra attendre le retour en France pour maintenant.
Nico et Leïla
PS : pour les parisiens, fête probable prévue samedi 17 juin à Paris, endroit à définir.
PS2 : un appart en sous loc vient de nous filer sous le nez, nous cherchons donc un logement temporaire. Merci de faire passer le message.
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