
Salut, nous revoilà pour une petite dernière.
Bien rentrés en France, à Paris, on a remis tellement vite le pied à l’étrier ou le doigt dans l’engrenage que l’on a quelque peu délaissé top-départ et les dernières photos. Pour tous ceux que l’on n’a donc pas encore revus, voici le dernier épisode de nos aventures.
Le dernier message était posté de Tuléar, d’où l’on espérait prendre l’avion pour aller à Morondava. Raté, l’avion était plein, le suivant 2 jours plus tard n’avait qu’une place. Et c’est donc en taxi brousse que nous irons : une promenade de santé puisque partis à 15h, et après un arrêt dîner de 15 min à Ilakaka (la ville des chercheurs de saphirs), et une autre pause pipi dans la nuit, notre chauffeur conduit plein tube en plein orage toute la nuit jusque 6h du mat, arrivée à Antsirabé. Mais ça, c’est la partie facile du trajet : 15h de taxi brousse d’affilée avec les genoux dans le menton, OK, mais sur du goudron tout le long.
A Antsirabé, on s’accorde une pause de luxe en attendant le prochain départ à 14h, on joue au billard à l’Hôtel des Thermes, on glande dans le par cet on déjeune devant la piscine.
Bon, en fait, le départ est à 15h, 4-5h de goudron encore facile avant d’attaquer les 115 km de piste qui nous prendront 8h à franchir dont certains passages à pied pour alléger le taxi brousse sur cette piste vraiment dégueulasse. Les 2-3 dernières heures de goudron se passent bien et on arrive, complètement rincés le mercredi matin à 6h à Morondava après 30h de taxi brousse en 38h de voyage. Il nous faudra une journée pour nous en remettre. On la passe entre sieste et exploration de Morondava, petite ville tranquille, où tous les hôtels touristiques sont sur une langue de sable coincée entre la rivière et la mer. Les gens sont très gentils, encore plus qu’ailleurs, bref parfait pour le farniente.
A croire qu’on n’a pas encore notre dose de transport puisque dès le lendemain matin, on repart pour une journée entière de 4*4 sur une piste bien mauvaise pour aller aux tsingys. Mais on ne regrette pas l’effort tellement ce qui nous attend est impressionnant. Pour partager les frais du 4*4, on s’est incrustés avec deux autres gars, venus de la réunion, qui s’avèrent être des flics de la PJ. Ils nous font bien marrer pendant ces 3-4 jours avec leurs anecdotes sur la poursuite des bandits à la réunion (qui tuent le métier en venant d’eux même au commisariat), sur d’autres affaires qu’ils suivaient à Paris et sur l’état de la police en général. Ils ne portent vraiment pas Sarko dans leur cœur, mais bref, on n’est pas là pour faire de la politique, on est là pour explorer les tsingys.
Pour ceux qui suivent, on avait vu de petits tsingys dans le parc de l’Ankarana (entre Diego et Nosy Be) déjà bien impressionants. Mais là, c’est une autre dimension. Petit rappel, tsingy veut dire « pointu » en malgache. Ce sont des concrétions calcaires sous marines remontées à la surface avec les mouvements tectoniques et qui ont ensuite été érodés par l’eau de pluie un peu acide (et là, Hervé le flic dirait : ‘je t’avais dit qu’il ne fallait pas embarquer un ingénieur intello !!’). Bref, ce qui est génial, c’est qu’on ne se contente pas de le voir et de dire c’est beau, on le traverse carrément car le parc national a réussi à aménager un passage au cœur de ces canyons qui font parfois 30cm de large sur 30-40m de haut, des grottes, des via-ferratas qui permettent d’accéder à des plateformes d’observation au beau milieu de ces formations. Bref, un parcours un peu sportif et aérien dans lequel on s’éclate comme des fous et qui permet de confirmer que malgré ce qu’elle soutient mordicus depuis le début, Leïla n’a PAS le vertige !
Les roches calcaires sont incroyablement acérées et parfois tellement fines qu’elles résonnent (presque comme du verre) quand on tape dessus. Bref, un endroit unique au monde, un must de Mada, malgré la difficulté d’accès.
Pour ne rien gâcher, le village qui est à l’entrée du site est très agréable, rien d’exceptionnel mais un petit village de brousse accueillant.
Notre guide nous raconte aussi un peu les traditions du mariage Sakalava : le mariage est en général arrangé par les familles, parfois de longue date. Si l’un des enfant refuse cet arrangement, il est généralement banni de la famille, donc plus ou moins du village donc, ce sera très dur pour lui. Ensuite, pour sceller l’amitié entre les deux familles, la famille du marié donne 10 000 Ar à celle de la mariée qui, en échange, offre 1 000 Ar à celle du marié.
On célèbre ensuite le mariage, tout le monde est invité, on tue plein de zébus et alors le jeune couple s’installe ensemble. La femme a alors une semaine pour récuser le mariage, et si au bout de 7 jours elle accepte de rester, alors c’est pour la vie. L’homme n’a pas cette alternative lui. Mais en pratique, la femme n’a pas vraiment le choix non plus car si elle quitte son mari, elle sera le plus souvent bannie de la famille, etc…. ce qui n’est pas viable.
Bref, dans le cas de notre guide, son mariage était arrangé mais il nous dit que ça se passe bien avec sa femme. Tant mieux !
On termine la visite de la région par une ballade en pirogue sur la manambolo, soi disant infestée de caïmans mais on ne les a pas vus. On se dépêche au retour pour ne pas rater le coucher de soleil sur la fameuse allée des baobabs de Morondava qui conclut cette excursion de manière somptueuse.
Ayant fait le trajet aller en taxi brousse, on estime avoir suffisamment payé de notre personne et pouvoir sans honte prendre l’avion pour le retour à Tana. Cette option nous permet en plus de farnienter un peu dans la douceur de Morondava, et laisse le temps à Nico d’aller faire une journée de pêche complète avec un pêcheur Vezo sur sa pirogue. Point de vue pêche, c’est une journée sans puisque sur les 3 de la pirogue, seul Nico remonte une petite dorade de moins de 1 kg et les deux Vezos sont bredouilles. Par contre, pour la nav, un gentil vent 2-3B permet de s’initier au pilotage de ces pirogues à l’aide d’un simple aviron. Très physique mais d’excellentes sensations sur les petits surfs du retour de la zone de pêche.
Rentrés pour seulement 2 jours à Tana avant le grand retour, le temps passe très vite à revoir tous les amis rencontrés au début du séjour, et pour Leïla à aller chez l’esthéticienne, faire toutes les bijouteries de la ville, se faire voler le portable dans la rue, racheter un portable, etc…
Avant denier soir, Fred, le RAF (Resp Financier) de l’ASA nous invite au resto. Au cours de la discussion, on lui explique qu’un appart en sous location à Paris vient de nous passer sous le nez, pas de bol ! Il nous répond alors qu’il est proprio d’un studio 36m² à Paris 12° et que sa locataire le libère mi juillet. Seul problème, il y a quelques menus travaux à faire dedans donc il ne sera dispo qu’en septembre. Puis après réflexion, il nous propose de nous occuper de suivre les travaux à sa place en échange d’un loyer gratuit jusque fin Août. Un peu plus tard dans la soirée, un autre ami arrive et il nous raconte qu’il est proprio lui d’un studio 24 m² à Issy les moulineaux (1ère ceinture Sud Ouest de Paris) dispo fin juin. Incroyable, avant même d’être rentrés, nous avons deux opportunités de logement !
Alors si vous cherchez un appart à Paris, essayer de passer une annonce dans le « Midi Madagasikara » ou « l’express de Madagascar », on ne sait jamais !!
Bref, nous sommes arrivés à Bailly chez les parents de Nico le vendredi 16 juin, et depuis, nous n’avons pas chômé. On a mis nos CV sur internet dès le lundi en ne voulant pas perdre trop de temps et croyant naïvement qu’il faudrait environ un mois pour trouver du boulot, le 16 juillet semblant une bonne date pour commencer.
Erreur !! A peine le CV mis en ligne, le téléphone a commencé à sonner, les RV se sont enchaînés dans la foulée et voilà que nous avons tous les deux commencé à travailler lundi 03 juillet. Un peu abrupt comme transition mais bon, on ne va pas commencer à se plaindre non plus, vous allez trouver qu’on se la joue et vous aurez raison. Et nous emménageons donc dans le studio du 12°, 146 rue de Charenton à 5min de gare de Lyon lundi 10 juillet.
Nico sera à 15 min de son boulot en métro ou en vélo et Leïla à environ 30 min, ce qui n’est pas trop mal pour Paris. Quand au boulot en question (parce qu’on sent déjà les questions et les remarques désobligeantes venir du genre : « Nico, il est incapable de parler du boulot, pourtant ce coup ci il est payé »). Donc pour couper court, on fait pareil qu’avant, c'est-à-dire Nico de l’ingénierie dans le bâtiment pour OTH et Leïla du recouvrement pour SIEMENS.
On se réadapte doucement à la fatigante vie parisienne, sorties la semaine, et pas encore un seul week end à Paris puisqu’on a été à Nancy voir la sœur de Leïla, a Rennes pour les 30 ans d’une amie de Leïla, au Touquet voir les grands parents de Nico et enfin à Agen pour les 30 ans d’une amie de Nico. C’est trop dur la vie.
Bon, Il semble qu’après ce long message vous soyez tous super à jour de nos tribulations, c’est donc la fin de l’émission puisque nos vies, pour trépidantes qu’elles vont être dans la folie parisienne, ne seront plus aussi exotiques et ne mériteront pas que je vous pollue encore votre boite mail.
Et les projets vous demandez vous peut être ?? Rien de sûr mais dans les cartons, traînent un projet de voyage à Cuba de 4-6 semaines à la fin de l’automne suivi par une année complète en NZ à partir de janvier 2007.
On espère pouvoir donc écrire : à suivre…
Nico et Leïla
PS : les dernières photos sont mises à jour.
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